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L'AIDE
AU CALIBRAGE DES PROJETS Principes
pour une méthode de gestion du changement |
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I. Critique des conceptions
de conduite du changement II. Approcher la performance
par ses variations III. La théorie de
l'espace de chaînage IV. Un exemple de calibrage de la
gestion d'un hotel V. L'enjeu de la
formulation des performances attendues VI. Esquisse de quatre
familles de calibrage |
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II. APPROCHER Le pilotage comme
l'art de "faire avec" les briques des activités de base Le point de départ pour calibrer un projet nous paraît être
"l'exploitation". Préparant les conditions d'une exploitation
efficace et rentable, l'équipe-projet doit alors, pour atteindre des
performances d'exploitation d'une technologie ou d'une organisation, composer
à partir des différents types de ressources disponibles sur le marché ou dans
l'entreprise, une combinaison optimale, permettant d'en minimiser le coût et
d'en optimiser l'emploi. Il y a là une finesse de gestion qui ne peut pas être
prise en compte à l'aide de la brique de base actuelle de la gestion :
l'"activité". L'"activité" est une unité de collecte de
différentes ressources (temps de travail, consommables, machine,
informations) en vue d'une transformation élémentaire assurée par un niveau
de compétence. Le caractère élémentaire de l'activité est obtenu au terme
d'une recherche d'homogénéité et de compatibilité des coûts des différentes
ressources. Dans les deux modes de gestion de projet que nous venons
d'examiner, la notion d'activité comme unité de traitement des ressource est
la brique de base de l'édifice. Les activités restent identiques, seul change
la façon d'organiser leur agencement. L'activité reste une "boite
noire". Dans les deux définitions du "projet", l'on
trouve la question de l'intégration d'activités différentes, dont la mise en
œuvre suppose le concours d'un processus de prise de décision. Le
"projet" doit régler des conflits d'allocation des ressources, et
surtout surmonter les hétérogénéités de différents systèmes de gestion de
ressources. Le "projet" considéré comme l'ordonnancement
d'activités, propose une résolution des conflits par la recherche d'une
optimisation entre le délai, le coût, et les ressources simultanément
utilisées. Ordonnancées selon les diagrammes de PERT et de GANTT, les
activités sont des unités logiques à combiner dans un univers de gestion
limité et donc uniforme. Le "projet" comme démarche d'un changement
global, insiste sur la nécessité de compétences d'anticipation, de
communication et de régulation. Les conflits sont solutionnés par le management
des enjeux développés par les différentes parties prenantes. L'hétérogénéité
des modes de gestion est traité par un découplage des fonctions des cadres.
La formalisation des "résultats à fournir" ainsi que l'élaboration
d'indicateurs de performance constituent des référentiels objectifs,
permettant une délégation de responsabilité et un contrôle à posteriori du
cadre. Ces formalisations laissent une relative autonomie aux
acteurs, et leur permet, à l'intérieur d'une "prestation" ou d'un
"contrat de performance", de déployer des compétences
d'"expert". Ainsi, l'autonomie et la créativité sont les
"plus" de la compétence. La méthode HAY, par exemple, associe dans
une fonction la compétence et la créativité, pour mieux les distinguer du
poids de "finalité" que pèse la fonction dans l'organisation. La tendance actuelle est de suppléer les carences de
l'activité comme brique de base, par du "pilotage de régulation" :
on fait l'éloge du management, du marginal-sécant, du transversal, du projet,
etc... L'"analyse-système" et la théorie socio-technique ont
proposé une articulation entre le changement et la gestion des ressources,
basée sur le modèle du pilotage par rétro-action. On agit sur les flux
"entrants et sortants" d'une "activité" en se référant à
des objectifs formulés dans une batterie d'indicateurs. De l'organisation
comme mal nécessaire Derrière les deux travers habituels des conduites de
projet, l'on retrouve une organisation préétablie. Le travers du projet comme
"coordination d'actions" est lié à la position de l'équipe projet.
Le travers du "substrat magique" correspond à la position de
dirigeant. Dans cette présupposition d'une organisation préétablie, on
retrouve l'idée forte de J.G.MARCH et H.A.SIMON, que M.CROZIER résume ainsi
dans la présentation de l'ouvrage déjà cité "LES ORGANISATIONS" : "Autrement dit, pour pouvoir agir, l'homme a besoin
d'organisation; il ne peut pas s'en passer. Mais ce passage par la forme
organisationnelle implique un minimum de rigidité. Et ce minimum de rigidité
empêche d'obtenir la rationalité théorique que l'on désirait. C'est dire que
l'homme est limité par l'instrument humain, par le fait qu'il est obligé de
se considérer comme un instrument et qu'il ne peut disposer d'une liberté
d'adaptation, complète et immédiate, à la solution du moment." Au pire, la gestion du changement revient à une tactique
d'entraînement des personnes à des situations types. Au mieux, la démarche
est pédagogique en préparant progressivement les personnes à la tenue des
rôles qu'elles auront à tenir. Les outils sont les grilles d'entretiens, les
méthodes de créativité et de résolution de problèmes, les matrices de choix,
les scénarios. Gérer le changement revient à un style de démarche, car
"tout est ficelé" : technologies, système de gestion et
d'information, qualifications. La démarche de projet est alors présentée
comme étant la pédagogie qui, par excellence, prépare au management. Nous ne reprenons pas à notre compte cette conception où
l'homme s'aliène dans des outils pour conquérir de la liberté. Aussi, un
outil qui à la fois organise et libère l'action tient du paradoxe. Est-il
possible de fabriquer un outil permettant de sortir de l'instrumentalisation
de l'homme par lui-même ? Derrière la conception actuelle de l'organisation,
nous lisons la toute puissance de la certitude, de la mesure et du
calculable. Avec le geste du calibrage, nous revenons à un savoir ancien et
positif sur la façon de s'y prendre avec des variations aléatoires. Percevoir, c'est se déplacer; se déplacer, c'est calibrer G.BATESON, qui a attiré notre attention sur la technique
du calibrage, développe une théorie de la pensée comme sensibilité. Selon
lui, ce que nous pensons n'est pas dissociable des déplacements de notre
corps, ou des superpositions opérés par nos organes des sens. Cette
proposition rejoint les constats faits par les ergonomes dans les
entreprises. Le déplacement ou la superposition permet d'interpréter les
perceptions, en les produisant comme différence à partir d'un voisinage : "L'information consiste en
des différences qui font une différence, à la suite de l'établissement d'une
relation... Dans le monde de "l'esprit", il faut une relation, soit
entre deux parties co-présentes, soit entre deux moments d'une même partie,
pour activer une troisième partie que nous pouvons rappeler le récepteur; ce
à quoi le récepteur réagit, c'est à une différence
ou à un changement." cf. Ce qui ne change pas est imperceptible, sauf si nous
décidons de nous déplacer par rapport à lui. Il faut créer deux parties que
l'on compare. En déplaçant notre doigt sur un tableau noir, dit G.BATESON, à
un moment donné nous rencontrons le relief d'une trace laissée par un morceau
de craie. Si nous avions posé directement notre doigt sur le relief, nous
n'aurions rien senti. Pour sentir le relief, il faut d'abord disposer de la
surface plane. Puis sur la surface plane, en glissant le doigt nous
rencontrons une surface avec relief. Si nous sommes fixes, ajoute G.BATESON, il faut
superposer selon des intervalles réguliers une image changeante. Ainsi, notre
pupille est affectée d'un tremblement continuel, appelé
"micronystagnus". La pupille vibre dans un arc de quelques secondes
et oblige l'image rétinienne à se renouveler par rapport aux cônes et au
bâtonnets qui sont les organes sensoriels terminaux. De même, le galago,
petit primate africain, agite en permanence ses deux grandes oreilles
lorsqu'il chasse les insectes la nuit. G.BATESON utilise le terme "relation" : la différence
est perçue parce que nous avons établi au préalable une relation entre deux
parties. Il faut aller de l'une à l'autre, donc poser une distance de
déplacement dans l'espace. Ou bien, il faut se donner un intervalle dans le
temps. Le terme de "relation" nous semble gênant car c'est se
donner au préalable ce qu'il s'agit de produire. Nous préférons le terme de "voisinage" utilisé
à la fois dans le langage usuel et comme définition topologique :
"partie de l'espace contenant un ouvert qui contient A". Le
calibrage ajoute une dimension supplémentaire à la notion de voisinage : il
spécifie des règles et des types de voisinage. Deux objets, deux situations,
etc... sont proches l'un de l'autre parce qu'ils ont été rapprochés par une
règle de voisinage. Cela revient à dire : "déplacez vous ici plutôt que
là", "regardez ici plutôt que là", "raisonner en mois
plutôt qu'en jour". Le voisinage fait varier une image déjà donnée. "Les graphiqueurs avaient l'habitude de préparer
chaque journée longtemps à l'avance. Ils disposaient à cet effet de grands
calques sur lesquels figurait une première affectation correspondant aux
informations prévues par le service. sur un même calque, les cinq journées
d'une semaine étaient regroupées, ce qui faisait apparaître les points
communs entre ces journées, et les différences et les variantes d'un jour à
l'autre. Au fur et à mesure que le bureau des graphiques état
informé des modifications (ajout ou suppression des trains, changement
d'horaires ou de composition, travaux prévus) les agents reportaient ces
modifications sur les calques des semaines concernées en cherchant à adapter
l'affectation à ces nouvelles informations. Bien sûr, une part importante des
modifications n'était connue qu'à la dernière minute et ne pouvait être prise
en compte que la veille du jour en question. Cependant cette pratique
permettait aux graphiqueurs un apprentissage des situations qui se révélait
très utile pour traiter les modifications tardives et trouver des solutions à
d'éventuels conflits de circulation". Le savoir mobilisé peut être qualifié
d'"incrémental" car il permet des résolution locales et partielles.
La logique de voisinage permet, de surcroît, de négocier éventuellement
directement avec leurs interlocuteurs certaines modifications en fonction de
leurs effets sur l'affectation, tels
qu'ils apparaissent par simple consultation du calque. "Pour une journée donnée, l'objectif (des
graphiqueurs) consistera à modifier le moins possible le schéma de base. Dans
certains cas, ils préfèrent dégrader la qualité du planning en laissant un
train sur le quai initialement prévu, bien qu'il y ait un risque de conflit,
plutôt que de l'affecter dans une autre zone de la gare à un quai qui aurait
permis de respecter les contraintes. Ce choix surprenant au premier abord
devient parfaitement logique si l'on considère les répercutions d'un
changement de quai sur les voyageurs qui, habitués à trouver leur train à un
endroit précis, risquent de manquer leur départ s'il se trouve sur un quai
éloigné, et sur les autres services qu'il faut prévenir (service commercial
pour l'affichage, etc.) D'une façon générale le bureau des graphiques cherche
à réaliser un compromis et accepte les inconvénients, en terme de respect des
contraintes, d'une stratégie qui vis e à toucher le moins possible au plan de
base. ... C'est la robustesse d'une affectation par rapport
aux aléas qui est recherchée. Dans cette optique, ils (les graphiqueurs)
ménagent les marges de manœuvre les plus grandes possibles." extrait de l'ouvrage d'A.HATCHUEL et B.WEIL
"L'expert et le système". pages 223,224,225 Le calibrage organise un aller-retour entre des images
voisines, et les ordonne selon une recherche des relations significatives sur
l'ensemble des images. Nous avons perdu ce savoir ancestral du calibrage.
Nous ne savons plus ce que veut dire "la taille 40", "une
huître N°3"... Le calibre appartient à la logique de la perception.
Pour la perception, il n'y a pas de différence entre une figure et un objet
concret. Le calibre les considère selon leur taille effective. Alors que
l'unité de mesure développe un espace du continu, le calibre introduit un
espace du discontinu. Tailler, couper, retrancher, ajouter, coudre. Il y a
des tailles différentes de calibrage, il y a donc des "calibres" au
pluriel. Deux contours sont mis en relation : le contour régulier
du calibre et la ligne sinueuse, voire irrégulière, de l'objet calibré.
L'espace ou la surface variable entre les deux tores ou les deux contours
devient l'objet privilégié de l'attention. Par rapport à la taille d'un
calibre, deux gestes sont simultanément pratiqués. Premier geste : l'on
affecte un objet à un calibre donné, choisi dans une gamme générale de
calibres. Second geste : l'on examine les variations de taille ou de forme de
l'objet par rapport au calibre choisi. "Une fois que les agents du bureau des graphiques
avaient saisi l'ensemble des trains du service d'été et d'hiver, il devenait
très facile d'obtenir la journée-type correspondant à n'importe quelle
journée en sélectionnant les trains sur la base de certains critères (jour de
circulation, etc.) En fait, si on l'examine plus attentivement la notion de
service apparaît plus complexe. En effet, le changement de service été/hiver
s'accompagne de phases de transition qui sont autant de mini-changements de
service (ou tout du moins des aménagements de service°. Par exemple, pour les
grandes lignes, le changement de service intervient vers le 9/10 Juillet; par
contre, les trains de banlieue voient leur fréquence passer de 1/4 d'heure à
1/2 heur à partir du 1 er Juillet. Ou encore, les trains d'affaires ne
circulent pas en Juillet et en Août, mais il faudrait les planifier au début
et à la fin du service d'été. De plus, les critères de circulation
conditionnelle de certains trains ont tendance à se multiplier." Revenons à la définition du dictionnaire. CALIBRE n.m.
(ar. qalib, forme de chaussure) :
diamètre intérieur d'un cylindre creux ou d'un objet sphérique. TECHN.
Instrument matérialisant une longueur et servant de comparaison pour le
contrôle des fabrications mécaniques. (Dans quelques expressions) importance,
nature. Une erreur de ce calibre sera
difficile à rattraper. Notre savoir familier est désormais celui des unités de mesure : le mètre, le litre, le
kilo. Nous savons passer du mètre au kilomètre de la route à parcourir, du
litre au décilitre de la bouteille que l'on boit, du kilo à la tonne des
marchandises que l'on transporte. Dans la même unité de mesure, nous sommes
amener à "changer d'échelle". L'échelle est un rapport entre la
représentation figurée d'une longueur et la longueur réelle correspondante. A
différents rapports correspond différentes échelles. La notion imagée et curieuse d'"échelle des
échelles", tout en appartenant à l'univers de la mesure, nous permet de
récupérer en partie la notion de calibre. L'échelle des échelles désigne une
suite de degrés ou de niveaux classés dans un ordre progressif, ce qui permet
d'établir une hiérarchie. Elle propose dans une logique du continu le moyen
de situer les comparaisons dans des zones d'ordre variable de grandeur. La performance la
plus exigeante impose son calibre On connait la formule "il faut comparer ce qui est
comparable". Le calibre est un espace ou une surface de comparaison
choisi de façon telle que la comparaison et la mise en relation ait non pas
un sens mais une taille de sensibilité. La sensibilité est ici entendue comme
l'aptitude à déceler de très petites variations. Partons d'un projet générique qui serait l'insertion
d'une nouvelle technologie. Le terme d'insertion peut induire en erreur. En
effet, la nouvelle technologie introduit une taille de calibrage supplantant
le calibrage existant auparavant. Tournons-nous vers ce que nous apprend
l'histoire des techniques. Un niveau inédit de performance d'un matériau,
d'une compétence, d'un outil ou d'une technologie crée une série d'exigences
sur lesquelles s'alignent les technologies environnantes. L'évolution des technologies environnantes s'ordonne
alors à partir des technologies qui génèrent avec de fortes performances, les
distinctions les plus fines. B.GILLES dans son "Histoire des
techniques" le souligne : "Le travail d'une matière exige des
outils d'une qualité donnée". Il y a exigence de cohérence entre les
qualités et les quantités, précision de la transformation, finesse de la
mesure de temps liée à la rapidité, relation des puissances mises en œuvre
avec les caractéristiques des matériaux. Dans la métallurgie, cela a été ainsi une course entre
les vitesses de travail des machines, la dureté des matériaux, la finesse des
usinages ou des transformations, le niveau des températures et des pressions
atteintes, la résistance à l'agression de corps chimiques de plus en plus
divers. Dans la chimie, cela a été un accroissement de finesse dans la mesure
du temps, nécessaire pour mesurer les mouvements ou réactions, et dans la
capacité de pesée, pour obtenir la précision nécessaire de la mesure des
masses. Lorsqu'une performance sectorielle exige toute une série
de caractéristiques nouvelles des ressources environnantes, cette performance
devient par sa récurrence même, la raison organisatrice d'un système.
Cependant, les règles de fonctionnement du nouveau système technologique
doivent être formulées pour elles-mêmes : raison n'est pas pérennité de
l'organisation. Pour être constitués en système viable, les éléments ont
besoin d'être recalibrés dans leur fonctionnement et leurs relations : selon
sa vitesse, sa taille, sa durée, son rythme, sa résistance, chaque élément
doit varier dans les limites du calibrage le plus fin. Selon quelle méthode
peut-on passer du calibre d'une performance singulière au calibre jugeant de
la performance globale d'une organisation ? Comment calibrer
la totalité d'un fonctionnement ? Le calibrage n'est efficace que si l'on agit
simultanément sur la totalité du fonctionnement. On ne peut pas en effet se
contenter d'agir par action d'un élément sur un autre, il faut aussi prendre
en compte la réaction, puis la réaction à la réaction... Les différences
d'états des éléments interagissent ensemble. Il faut non seulement prendre en
compte les modifications générées par la performance la plus exigeante, mais
encore la modification provoquée par ces modifications sur cette performance. Quand il s'agit de modifier les interactions, il faut
introduire une ou des différences formulées à un autre niveau logique. Ces
différences sont d'un niveau logique supérieur car elles portent sur les
interactions elles-mêmes. Pour situer la différence entre les deux types de
niveau logique, nous emprunterons de nouveau à G.BATESON la notion de
subordination de la "source d'énergie" par le "mécanisme de
décision" : "La combinaison des deux systèmes (mécanisme de
décision et source d'énergie) crée une relation qui donne à chacun une
autonomie partielle. Vous pouvez conduire un cheval près de l'eau mais vous
ne pouvez pas le faire boire : boire, c'est son affaire. Mais, même s'il a
soif, il ne pourra pas boire tant que vous ne le conduirez pas au bord de
l'eau : l'y conduire, c'est votre affaire" cf. Les différences produites par les éléments les uns sur
les autres sont de l'ordre de la "source d'énergie", tandis que les
différences introduites par des formulations sur la performance d'ensemble
des éléments sont de l'ordre du "mécanisme de décision". Les
différences de premier type mettent en œuvre des actes unitaires à l'aide
d'une énergie "primaire". Les différences de second type mettent en
œuvre des séquences d'interaction à l'aide d'une énergie que G.BATESON nomme
"collatérale". D'un point de vue méthodologique, il faut faire
l'hypothèse que les actions et les réactions portent sur des termes qui sont
reliés entre eux à la manière d'un "circuit". A un moment donné,
l'on repasse par le point de départ initial. Lorsqu'il s'agit de référer les
différences les unes par rapport aux autres, le bouclage du
"circuit" permet de prendre en compte les relations entre
l'ensemble des éléments. Nous savons formuler des règles ou des lois sur le
fonctionnement d'ensemble d'un circuit. Il y a un saut de la partie à la
totalité. En parlant comme si nous étions dans un "circuit" où un
élément agit sur l'élément qui lui est le plus proche, puis sur l'élément
suivant, et ainsi de suite, les différences se mesurent à la fois sur chacun
des éléments pris un par un et selon des relations globales. Ces règles et
ces lois font obligatoirement intervenir le temps. L'ensemble des éléments, selon leur relations internes à
un instant t1, peuvent être
comparés les uns aux autres selon une unité de mesure commune. Cependant
l'image que l'on obtient ne rend pas compte des réactions des éléments soumis
à ces relations. Comparer à nouveau les éléments à t1 + 1 = t2. Il faut une nouvelle fois rendre compte des
réactions à t3. Cette comparaison
sera reproduite à t4, t5, ...tN.
On obtient donc une série d'états successifs de la totalité du circuit dans
un laps de temps T. Cette série d'états successifs de la totalité du circuit
dans un laps de temps T va présenter une série de variations singulières de
chacun des éléments. L'on s'aperçoit que l'on obtient deux types de
performance. La somme des variations à un instant t peut être définie comme
une performance instantanée. Les
performances instantanées successives peuvent se représenter par une fonction
cartésienne F = y(t). Différents calculs peuvent être fait. En particulier,
la somme des performances instantanées est une performance cumulée. Agir sur un
élément de la totalité, c'est viser une variation différente de cet élément
dans le temps. Agir sur une variation portant sur la totalité du circuit
n'est possible qu'à condition de prendre comme objectif une performance
cumulée différente sur une durée donnée. A l'inverse, agir
sur une performance cumulée exige que l'on agisse simultanément sur les
variations d'une série d'éléments. Le calibrage se construit de façon à
disposer de la sensibilité propre à agir sur les variations qui font ou
défont une performance cumulée. |
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