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L'AIDE
AU CALIBRAGE DES PROJETS Principes
pour une méthode de gestion du changement |
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I. Critique des conceptions
de conduite du changement II. Approcher la performance
par ses variations III. La théorie de
l'espace de chaînage IV. Un exemple de calibrage de la
gestion d'un hotel V. L'enjeu de la
formulation des performances attendues VI. Esquisse de quatre familles
de calibrage |
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Préambule Ce texte résulte d'une série de réunions de travail à
FRAMENTEC-COGNITECH, société de conception et de réalisation de systèmes à base
de connaissances, entre moi-même, Jacques GUYOT, Directeur des Etudes et de Le propos de ces réunions a été de tenter de formaliser
les connaissances et les raisonnements mis en œuvre par une équipe-projet,
lors de la toute première phase qui consiste à calibrer le projet. Mes deux
interlocuteurs m'ont considéré comme un expert réputé posséder ces
connaissances et ces raisonnements. Quelques mots s'imposent sur la notion de
"calibrage". La notion de "calibrage" est ici utilisé en
complémentarité avec la notion plus familière de "pilotage". Le
pilotage consiste, par rapport à la survenue d'aléas, en actions modulant ou
modifiant un plan préétabli, de façon à tenir un cap. L'existence préalable
d'une image du déroulement de l'action est essentielle au pilotage. Grâce à
la plasticité de l'image, le pilote règle facilement les valeurs des
composantes de l'action les unes par rapport aux autres. Le pilotage suppose une connaissance établie des
obstacles et des difficultés possibles, ainsi que les réponses à y apporter.
Les navigateurs et en général les praticiens constituaient cette connaissance
en multipliant les expériences dans des contextes différents. Aujourd'hui,
les pilotes d'avion et les astronomes s'entraînent à partir de situations
simulées, dont les aléas sont générés par un ordinateur. C'est un lieu commun de dire qu'un projet se définit par
son incertitude. Une fois que tout a été défini et planifié, beaucoup d'aléas
restent possible, selon des ampleurs imprévisibles. Au mieux, l'image
antérieure d'une planification permet d'évaluer l'impact d'un aléa et d'en
tirer toutes les conséquences. Au pire, il faut improviser dans l'urgence. Le calibrage vise à déterminer le cadre spécifique des
incertitudes d'un projet, pour en avoir la perception maximum. Prenons
l'exemple de l'essayage d'un vêtement. Tant que la bonne taille n'a pas été
donnée au client, la coupe, la couleur, le style ne peuvent pas être
appréciées valablement. Calibrer un projet, ce n'est pas chercher à avoir une
connaissance exhaustive des aléas, c'est situer les catégories d'aléas qui
peuvent survenir, et hiérarchiser entre elles ces catégories d'aléas. On dit d'un bateau, d'une organisation, d'un projet
qu'ils restent "pilotables" alors que la tempête déferle. Les
ressources du projet permettent-elles de piloter le bateau dans toutes les
mers, selon différentes forces et directions de vent ? Quand c'est parti,
c'est parti ! Tel le bateau une fois lancé à la mer, l'organisation ou le
projet ne peuvent plus être modifiés dans leurs structures fondamentales :
forme de la coque, nombre de mats, charge utile, compétence de l'équipage. Chacune des situations du projet doit être
"pilotable". A chaque situation du projet doit correspondre une
épreuve identifiée dans ses dimensions et dont la difficulté est surmontable.
Pour résoudre l'épreuve, les acteurs auront grosso modo les compétences, les
responsabilités et les ressources nécessaires. Cela amène à fractionner le
projet en autant d'étapes qu'il y a d'épreuves pilotables. Le calibrage fournit les critères de fractionnement du
projet, en différents espaces et différentes logiques de pilotage. Pour
chacun des espaces et chacune des logiques, à chacune des étapes, le
calibrage indique la composition de l'équipage et les éléments de
l'équipement qui sont nécessaire. Une fois qu'un projet est démarré, il n'est pas possible
de modifier son calibrage. Aussi, l'enjeu auquel nous nous attacherons est de
pouvoir définir avant le démarrage
du projet, le ou les calibres qui lui permettront de réussir. Le calibrage
d'un projet consistera à lui affecter préalablement un ensemble de
ressources, de mode de coopération, de circuits de décision, de résultats
d'étapes, d'indicateurs spécifiques, à partir desquels seront possibles des
actions de pilotage. Sans trop anticiper sur la suite du texte, donnons des
exemples de "taille de projet" selon le contexte de l'organisation.
Sept famille de "tailles de calibrage" conditionnent le type de
pilotage à adopter : * les finances : le pilotage d'un projet sera
différent selon qu'il s'inscrit dans un budget de fonctionnement, une
amélioration des performances ou une action stratégique. * les décisions : comment fabrique-t-on
ordinairement la décision dans l'entreprise ? Recherche-t-on le consensus par
érodage progressif des divergences, ou explore-t-on les divergences à partir
de critères de choix où se retrouvent les dirigeants dans leur ensemble ? * les échéances : quelles sont les dates-clefs
qui vont pré-ordonner le projet ? Est-ce que les intervalles entre les
échéances permettent de diagnostiquer le fond des problèmes, de faire
participer, d'optimiser la solution ? A contrario, des échéances floues ou
des dates-clefs dispersées selon les logiques organisationnelles de secteurs
très hétérogènes, ne vont-elles pas entraver la dynamique du projet ? * le management : de quelle nature sont les
relations entre l'encadrement, * la communication
: comment se
partagent les pratiques de transparence et d'opacité dans l'entreprise ?
L'information est-elle "définitive" ou "itérative",
"froide" ou "chaude" ? Quelles sont les parts entre les
communications ascendante et transversale ? Quel partage de rôle existe-t-il
entre les canaux officiels et les rumeurs ? * la mise en scène
du conflit : est-ce
que le projet est en relation avec les conflits classiques de l'entreprise ?
Si oui, est-ce que ces conflits sont l'occasion de répéter des rôles connus à
l'avance ou sont-ils des conflits récents, encore évolutifs ? A l'inverse,
est-ce que le projet ne va pas provoquer un nouveau type de conflit ? En quoi
certains acteurs ont intérêt à faire émerger une nouvelle façon de
s'affronter ? * le rhizomatique
: avec cette expression
peu commune, il s'agit de pointer que le projet est un projet parmi de
multiples autres projets, entretenant entre eux des relations à la fois
rationnelles et conflictuelles, synergiques et questionnantes, d'emboîtement
et de chevauchement, etc... Le pilotage sera ici la gestion des interfaces,
des greffes, des bouturages et des étêtages. L'idée d'un outil d'aide au calibrage de projet est née
lors des formations que je donnais à des membres d'équipes-projet Les
stagiaires appréciaient de parler avec d'autres de "leur" projet.
Les projets prenaient, sous l'éclairage de la mise en ordre exigée par la
parole, un relief inédit. A ce moment là, des problèmes repoussés car vécus
comme insolubles, trouvaient brusquement des hypothèses de solution. Et le
plus souvent, les objectifs poursuivis apparaissaient complètement
irréalistes. De là, les
stagiaires ont souhaités pouvoir disposer d'un outil qui puisse mettre en
relation les "tailles" d'un projet avec la formulation de résultats
attendus intéressant l'ensemble des domaines d'une organisation. A la formalisation qui, par
l'objectivation qu'elle procure, permet de prendre de la distance, ils
souhaitaient ajouter la possibilité d'une interpellation de leurs dirigeants
sur la distorsion entre les objectifs du projet et son calibrage initial. Peut-être est-ce un souhait naïf que de pouvoir dire à
ceux qui énoncent les buts d'un projet : "prenez la mesure des
ressources, des responsabilités, de la communication qui sont nécessaire à la
réalisation des objectifs fixés au projet" ou bien "mesurez
l'ensemble des conséquences entraînées par votre réticence à vous engager
rapidement sur telle ou telle décision"... Pour l'instant, nous sommes loin de la réalisation d'un
tel outil automatisé à bases de connaissances. Le présent texte se contente
d'articuler entre elles un certain nombre de notions qui modifient
sensiblement ce que l'on appelle classiquement la "gestion de
projet". |
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