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L'AIDE
AU CALIBRAGE DES PROJETS Principes
pour une méthode de gestion du changement |
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I. Critique des conceptions
de conduite du changement II. Approcher la performance
par ses variations III. La théorie de
l'espace de chaînage IV. Un exemple de calibrage de la
gestion d'un hotel V. L'enjeu de la
formulation des performances attendues VI. Esquisse de quatre
familles de calibrage |
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IV. UN EXEMPLE DE CALIBRAGE DE Remarque sur
l'utilisation des ressources du SITE Dans la conception proposée ici, le SITE présente des
lacunes qui doivent être complétées par un ou des INSERTS. Le SITE n'est donc
qu'un "système partiel". Aussi son fonctionnement général doit
recevoir des modifications plus ou moins importantes au cours du projet. D'un coté le ou les éléments qui sont insérés, semblent
supérieur au SITE car ils satisfont à l'exigence des PERFORMANCES ATTENDUES.
Cependant, les INSERTS doivent rester dans un statut de subordination au
SITE. Cette façon de voir les relations entre le SITE et les INSERTS rompt
avec la conception paradoxale où le privilège donné au SITE d'être un système
complet revient à lui donner comme "métalangage" l'INSERT, car
l'INSERT concrétiserait l'ensemble des interactions avec le SITE. Cette remarque a une conséquence importante sur la façon
dont on dote en ressources le projet d'INSERT(S). En faisant de l'INSERT la
partie privilégiée du SITE, le SITE devrait fournir toutes ses ressources à
l'INSERT de façon à ce que l'INSERT les façonne ou les assimile purement et
simplement. Il n'y aurait plus de raisonnement économique possible puisqu'en
droit les ressources affectées à l'INSERT seraient illimitées. Par contre, établir un système de contributions
réciproques entre le SITE et les INSERTS amène à distinguer quatre flux de
ressources : - les ressources données par le SITE aux INSERTS pour
mettre au point la structure interne des INSERTS - les ressources nécessaires au SITE pour modifier son
fonctionnement général, à partir des conditions requises par les PERFORMANCES
ATTENDUES - les ressources données par le SITE aux INSERTS pour
mettre en place les conditions de réussite du projet d'insertion - les ressources permettant l'optimisation du
fonctionnement du SITE et des INSERTS une fois qu'ils ont été réunis La proximité avec
la manipulation graphique de l'information Nous nous proposons de rendre perceptible dans un
exemple les êtres méthodologiques que sont le SITE, les PERFORMANCES
EXISTANTES, les PERFORMANCES ATTENDUES, l'INSERT, l'ESPACE DE CHAINAGE. Pour
ce faire, nous allons reprendre le cas traité à l'aide d'une matrice
graphique par Jacques BERTIN dans son ouvrage : " Les calibres sont usuellement des formes, réalisées en
bois, en fer et depuis peu en plastique. Ce sont aussi des gabarits, modèles
mentaux ou images dessinées. Hors les ateliers et les circuits de
distribution, le savoir du calibrage a perduré dans le savoir des imprimeurs
et des monteurs en page. On peut qualifier de calibre la matrice de manipulation
graphique inventée par Jacques BERTIN à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences
Sociales. En voilà le principe : une fois qu'elles ont été
calibrées, les informations peuvent regroupées selon différentes enveloppes
de variations qui peuvent être appréciées visuellement. Citons Jacques BERTIN
: "Simplifier
les données. La simplification a pour but de faire apparaître les
relations, c'est à dire l'information recherchée. Dans les problèmes à plus
de trois composantes, la simplification est obtenue par la transformation de
l'image. Les manipulations visuelles sont fondées sur les propriétés
d'ubiquité de l'œil. L'œil voit des ensembles, il peut donc les comparer et
rapprocher deux lignes semblables c'est à dire supprimer les distances non
significatives. Des matériels souvent très simples rendent ces manipulations
accessibles à tous". A cette citation extraite de la page 20, il faut ajouter
une seconde et plus longue citation extraite de la page 21 : "C'est ici qu'apparait l'originalité et la spécificité
de la graphique : voir de l'ensemble au détail et du détail à l'ensemble. Il
n'existe pas d'autre moyen d'aiguiser l'imagination, de découvrir les
questions les plus pertinentes, de définir les nouvelles manipulations,
d'organiser le discours final. La manipulation mathématique elle-même est
soutenue par l'image. l'image est l'âme de la phase
"transactionnelle", c'est-à-dire de la phase du choix des nouvelles
opérations." Nous allons recomposer selon la démarche que nous proposons
un cas qui, dans l'ouvrage de Jacques BERTIN, reçoit une solution
opérationnelle à la suite d'une série de manipulations graphiques. Reprendre
un cas appartenant au domaine du traitement graphique de l'information, fait
apparaître que la méthodologie que nous proposons réside avant tout dans une
démarche de manipulation d'informations existant avant le début du projet . Il peut sembler curieux que le changement dans une
organisation puisse être préparé à l'aide d'informations existantes. Le paradoxe
n'est qu'apparent : en effet, on le verra, il s'agit de produire, avec des
informations sur le fonctionnement existant, des regroupements et
combinaisons inédits. L'exemple de
l'amélioration de la gestion d'un grand hôtel Il était une fois un directeur de grand hôtel soucieux
d'améliorer la marche de son entreprise. Il fit établir différentes
statistiques. De ces données le secrétaire général fit un tableau faisant
apparaître des relations d'ensemble entre ces statistiques. Ces relations ont
fourni les informations utiles à la décision. Comment assurer le plein emploi de l'hôtel ? Les PERFORMANCES EXISTANTES se formulent sur les
indicateurs suivants : - la "marge commerciale" - le "chiffre d'affaires" - le "% d'occupation des chambres" - la "durée moyenne du séjour d'un client" Le SITE, contre l'attente intuitive du lecteur, n'est
pas l'hôtel. Le SITE correspond au donné par rapport auquel la gestion du
grand hôtel doit s'adapter. Les performances de l'hôtel dépendent du
comportement des clients. Dans le cas traité, le comportement des clients
sera abordé à partir du type de séjour qui amène un client à acheter une
durée d'occupation de chambre. Le SITE sera donc l'ensemble des types de séjours. Le
SITE aura comme unité l'objet de gestion "le SEJOUR D'UN CLIENT",
dont les fils de trame déclineront les différentes caractéristiques des
séjours ou des clients. Un séjour peut être défini par une série de prédicats
directs ou indirects. Les prédicats directs sont : un séjour touristique,
pour une foire, ou pour affaires; à ce séjour est associé une "durée de
séjour", un "prix de chambre", une réservation faite
directement ou par l'intermédiaire d'une agence. Les caractéristiques des clients qualifient
indirectement le séjour. Un client possède un motif de séjour, est masculin
ou féminin, a un âge, a une nationalité, nationalité qui est locale ou
étrangère. On peut distinguer entre les nationalités, voire entre les
continents (U.S.A., Amérique du Sud, Asie, Europe). Le SITE sera caractérisé par des combinaisons
singulières, selon les périodes, des types de séjours et des types de
clients. Cela va se traduire par des variations tout au long de l'année du
"% d'occupation des chambres" et de la "durée moyenne de
séjour". En particulier, la variation des combinaisons alterne périodes
pleines et périodes creuses. Il existe déjà des regroupements d'informations. Voici
le savoir intuitif qui existe : le remplissage est assuré au moment des
foires, au moment des périodes d'affaires entre les "businessmen",
et au moment des tournées organisées par les agences. La manipulation graphiques des données fait
"parler" les deux périodes creuses, l'une en été, l'autre en hiver.
En hiver, le remplissage est assurée par une clientèle locale, plutôt
féminine, à fois plus jeune et plus vieille (moins de 35 ans/plus de 55 ans)
que la clientèle des périodes pleines. En été, les clients qui assurent
l'occupation des chambres viennent des continents étrangers et se situent
dans la tranche d'âge 35/55 ans. Les INSERTS consisteront en nouvelles combinaisons de
types de séjours et de types de clients, combinaisons telles qu'il n'y ait
plus de périodes creuses. Soit en maximisant les types de séjours et de
clients existant, soit en "inventant" un nouveau type de séjour
pour faire venir des clients inhabituels à ces époques de l'année. Le choix du
calibre commun Les deux indicateurs de performances les plus
significatifs de l'activité hôtelière sont : - le "% d'occupation des chambres" - la "durée moyenne du séjour d'un client" Ces deux indicateurs de performances peuvent être
ramenés à une unité de mesure exprimée en temps : jour, mois ou saison. Deux
raisons militent en faveur du choix du "mois" comme unité de mesure
pertinente. Primo, la "durée moyenne d'un séjour" est plus
significative quand elle est considérée comme une fraction de mois. Secundo,
à des tailles d'informations doivent être associés des savoirs facilement
manipulables dans un temps limité. Dans un hôtel, les informations sont
recueillies chaque jour, mais il est coûteux de manipuler des savoirs sur 365
entités différentes. Les informations seront limitées en "taille
minimum". Raisonner en "mois" plutôt qu'en jour est plus
économique. L'information utile résulte d' un regroupement pertinent
des informations. La pertinence s'obtient par le choix judicieux de la taille
des informations que l'on regroupe. Il y a des savoirs sur les périodes
creuses et pleines qui dépassent le mois pour aller à la saison. La
"saison" est-elle une taille pertinente ? Obtenir la pertinence
d'un regroupement exige que les informations de base aient une taille
maximum, afin que les regroupements restent significatifs. Si la
"saison" est choisie, le regroupement aura la taille d'une
"année" et serait peu significatif. Le "mois" définit le calibre à l'intérieur duquel
les variations de performances sont pertinentes. A ces variations mensuelles
de performances, il s'agit maintenant de faire correspondre des variations
elles-aussi mensuelles d'un objet de gestion dont le rôle sera primordial
pour améliorer les performances. Le choix de l'objet de gestion s'avère
relativement aisé. Il s'agit de répondre à la question : "quel est
l'objet de gestion dont les variations sont les plus sensibles mensuellement
et d'un mois sur l'autre ?" Ainsi le choix de l'objet de gestion "SEJOUR D'UN
CLIENT" s'explique à posteriori. La très grande diversité des séjours et
des clients offre un niveau de sensibilité satisfaisant pour dégager un
chaînage inédit entre les outils de gestion existants. |
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