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L'AIDE
AU CALIBRAGE DES PROJETS Principes
pour une méthode de gestion du changement |
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I. Critique des conceptions
de conduite du changement II. Approcher la performance
par ses variations III. La théorie de
l'espace de chaînage IV. Un exemple de calibrage de la
gestion d'un hotel V. L'enjeu de la
formulation des performances attendues VI. Esquisse de quatre
familles de calibrage |
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VI. ESQUISSE DE QUATRE FAMILLES
DE CALIBRAGE Les quatre
calibrages possibles articulant les pilotages d'un projet La réaction courante est de resituer l'énonciation d'une
performance attendue par rapport à un contexte. Avant d'en savoir plus sur le
contexte de l'énonciation, des questions sont formulables à partir de
plusieurs types de calibrages généraux. Ces calibrages généraux considèrent
que l'énonciation appartient à une taille de calibre et posent la question
implicite : "pourquoi cette taille particulière là et pas une autre ?
Pourquoi ce calibre et pas un autre ?" A chacun des quatre calibrages généraux que nous avons
identifié, peut être associé plus ou moins de savoirs et de raisonnements. * le calibrage général des "buts tactiques"
peut posséder une typologie des intitulés d'objectifs avec les avantages et
les inconvénients attachés à chacune des formes d'intitulé * le calibrage général des "domaines de gestion"
peut posséder un savoir sur les procédures de délimitation d'un domaine de
gestion et sur les différentes formulations possibles selon la position
-interne ou externe, légitime ou illégitime - que l'on occupe. * le calibrage général des "démarches d'actions"
peut posséder un savoir sur la typologie des actions, et la façon dont elles
peuvent être analysées : les QUI, QUOI, OU, QUAND, COMMENT, ou les
ENTREES/SORTIES/TRANSFORMATIONS/ECHEANCES seront incarnés diversement selon
la nature de l'action. * le calibrage général des "substrats" peut
posséder un savoir sur les différentes compositions possibles que peuvent
prendre les substrats. Voici un certain nombre de préconisations pour
"nourrir de savoirs" un éventuel outil à base de connaissances qui
aiderait les équipes-projets à calibrer leur projet : Préconisations
pour les savoirs du calibrage général "BUTS TACTIQUES" Les "BUTS TACTIQUES" sont les valeurs des
performances attendues d'un secteur, d'une fonction, d'une organisation, par
les partenaires et l'environnement en général. Ces buts, qu'une personne, une
fonction, une organisation doit atteindre, sont formulés en terme d'objectifs
qui figurent sur des indicateurs au terme d'une période donnée. Les indicateurs peuvent qualifiés de tactiques en tant
qu'ils agrègent, selon une façon jugée significative pour l'action d'un
secteur, les informations issues des outils de pilotage ou des dispositifs de
communication. Les indicateurs donnent aux orientations de gestion une
dimension médiatique. La dimension médiatique se repère particulièrement dans
la forme et l'intitulé de l'objectif, dans les médias choisis pour sa
diffusion, dans son association avec les principes politiques généraux ou les
axes stratégiques. Le calibrage général des "Buts tactiques"
possède une typologie des intitulés d'objectifs avec les avantages et les
inconvénients attachés à chacune des formes d'intitulé. Ainsi, un indicateur
est d'autant plus prégnant sur les actes de pilotage qu'il est associé à un
objectif intégré par un ou plusieurs pilotes. Exemple : bénéfice égal à 3 %
du chiffre d'affaires l'année prochaine. Opérer un calibrage du SITE consiste à déterminer les
indicateurs significatifs, à formuler les buts à atteindre en intitulés
d'objectifs et à produire la succession de ces objectifs. Préconisations
pour les savoirs du calibrage général "DOMAINES DE GESTION" Le calibrage général "DOMAINES DE GESTION"
possède un savoir sur les procédures de délimitation d'un domaine de gestion et
sur les différentes formulations possibles selon la position -interne ou
externe - que l'on occupe par rapport à un domaine. L'outil possèdera un
savoir sur treize domaines de gestion, dont voici la liste : 1. Les technologies et savoirs génériques de
l'entreprise 3. Les caractéristiques des produits 4. Les caractéristiques des clients 5. Les étapes de la chaîne de transformation 6. La gestion du flux de transformation 7. La gestion des ressources humaines 8. La gestion des ressources financières 9. La gestion des technologies et des savoirs 10. La gestion des moyens et des locaux 11. Les caractéristiques des statuts 12. Les coopérations/alliances/dépendances 13. Les caractéristiques de l'établissement Dans chaque domaine de gestion, il sera possible de
disposer d'un ensemble de critères pertinents. Nous allons par exemple
détailler les critères de gestion pertinents quand il s'agit de caractériser
un établissement. fonction
économique :
direction, conception, production, commercialisation segment de
production :
usinage, montage dépendance
d'approvisionnement
: oui/non (extraction, sidérurgie, verre, céramique, matériaux de
construction, bois, lait) accès facilité au
marché : biens
non conservables, entrepôt ou dépôt de vente en gros proximité des
grandes voies de communication : oui/non proximité des
centres de décisions et d'innovation : oui/non sièges sociaux, laboratoire de recherche/développement, unités
de technologie de pointe bassin d'emploi : A. bassins agricoles en déclin : force de travail
abondante, peu coûteuse, peu syndiquée, peu formée pour usine de montage ou de production de composants
simples B. petites villes et banlieues pour les usines C. grandes villes à large rayonnement régional pour entrepôt ou dépôt de gros D. métropoles avec population d'un haut niveau de
formation pour usines à technologies complexes, établissements de
service (organisation, gestion, commercialisation), antennes commerciales,
sièges sociaux, laboratoire de recherche/développement, unités de technologie
de pointe nombre
d'établissements en totalité /concernés : / statuts juridiques : unité/diversité extension de
l'implantation
: locale/régionale/nationale/ internationale unités de travail
ayant des produits spécifiques : unité/diversité catégories de
personnel :
unité/diversité métiers : unité/diversité Donc le calibrage général "DOMAINES DE
GESTION" possèdera un savoir sur les différents critères de gestion
possibles sur treize domaines. Le calibrage général "DOMAINES DE
GESTION" possèdera également une
capacité d'ingénierie de modification de ces critères de gestion de façon
simultanée dans différents domaines. Chaque critère de gestion privilégie dans la personne,
le matériau, l'outil, la technologie, la procédure, une caractéristique
opératoire. Bien qu'ordonnés dans des domaines distincts, les critères se
composent dans la globalité d'ensemble d'un fonctionnement. A partir de la
définition d'un autre fonctionnement global, une redéfinition simultanée des
critères de gestion dans différents domaines sera possible. Prenons l'exemple du passage d'une économie basée sur un
environnement très aléatoire à une économie tablant sur une régularité de
l'environnement. En environnement aléatoire, les principes généraux de
gestion sont : - la qualité de la conservation des excédents sur la
durée - la multiplication des entreposages en différents
points - la possibilité d'échanger un même produit de zone à
zone - dispersion des lieux de production dans un large
espace dans des situations très différentes - diversité en un même lieu des formes de production Ces principes se transformeront, dans un environnement
plus stable, dans les nouveaux principes suivants : - ajustement des quantités produites à la demande - minimisation des stocks et circulation rapide des
produits dans des réseaux larges de distribution - échanges de produits différents de zone à zone - spécialisation et complémentarité des productions dans
des espaces bien définis - unicité de la production dans un lieu donné Préconisations
pour les savoirs du calibrage général "DEMARCHES D'ACTION" Le calibrage général des "démarches d'actions"
possède un savoir sur la typologie du calibrage des actions, et la façon dont
elles peuvent être analysées : les QUI, QUOI, OU, QUAND, COMMENT, ou les
ENTREES/SORTIES/TRANSFORMATIONS/ECHEANCES seront incarnés diversement selon la
nature de l'action. Il s'agit ici d'ajuster l'ensemble des actions types de
calibrées par les PERFORMANCES ATTENDUES, avec les grandes logiques d'action
existant déjà sur le SITE. On ne méconnaît pas les problèmes existants dans
les logiques d'action du SITE, car le projet gagnera à résoudre ces
problèmes. L'ajustement du calibrage du SITE utilise l'analyse
stratégique. Il faut identifier ce qui peut survenir comme disparités maxima
dans le SITE sur, par exemple : - les informations attendues et non fournies - les fluctuations des matériaux et les fluides - les défaillances sur les technologies - l'inadéquation des compétences - les aléas dans le QUI fait QUOI, OU, QUAND et COMMENT Il s'agit d'analyser les "chances" de plus
grandes dépendances possibles si l'on ne faisait rien ou ne faisait que la
routine. Il est nécessaire de cumuler tous les désavantages, tous les
handicaps, toutes les dépendances probables, là où ils ont plus de chances de
se rejoindre et de s'accumuler. Etre stratège, c'est repérer ses plus grandes faiblesses
éventuelles pour y mobiliser l'action, l'acteur, et la ressource afin de les
transformer en opportunités de progression. Les aspects les plus sensibles
deviennent alors les points stratégiques, c'est‑à‑dire ceux où il
convient de conquérir le maximum de force et de liberté. Le calibrage du SITE permet la formulation d'une série
de cahiers des charges sur, par exemple : - les points clés des systèmes et des circuits
d'informations et de communication - les normes des matériaux et des fluides et la
pérennité des circuits d'approvisionnement - les dispositifs sensibles des technologies sur
lesquelles doit être garanti un 100% de fiabilité - les bases de compétences et les plans de formation - les articulations fondamentales du QUI fait QUOI, OU,
QUAND et COMMENT Préconisations
pour les savoirs du calibrage général "SUBSTRAT" Le calibrage général "SUBSTRAT" possède un
savoir sur les différentes compositions possibles que peuvent prendre les
substrats. Le calibrage général "SUBSTRAT" possède une
capacité d'ingénierie de modification de la structure d'un substrat. Ainsi
KADS (méthode de modélisation des connaissances) distingue trois grands types
d'ingénierie : l'analyse, la modification, la synthèse. - l'analyse met en évidence une propriété ou un concept
d'un système, déjà connu ou inconnu - la modification intervient sur l'état courant d'un
système sans affecter son intégrité, c'est à dire sans adjoindre ni supprimer
aucune fonctionnalité - la synthèse crée une structure d'après les besoins et
les contraintes aux quelles elles devra répondre Nous proposons une autre approche basée sur la tension
entre les deux grandes logiques qui ordonnent les entreprises : la logique commerciale
et la logique industrielle. L'entreprise sera calibrée à partir de son ou ses
produits et du ou des processus technologiques qui les fabriquent. La logique
commerciale s'ordonne par la maîtrise du marché Les produits ont leurs caractéristiques, leur prix, leur
diffusion ordonnés par le marché. Que le marché varie et les produits
varieront. On peut donc ici repérer une typologie possible du calibrage des
entreprises selon la maîtrise qu'elles possèdent sur l'évolution du marché.
Voilà le principe : l'ampleur du marché d'un produit est lié à sa
standardisation, donc à des "investissements de forme" "L'idée développée est que la validité d'un produit
sur un espace large, un marché, résulte d'opérations d'investissements dans
la mise en forme du produit, la qualification du produit permettant de
constituer une capacité d'équivalence, les échanges pouvant par là être
démultipliés entre un grand nombre d'intervenants. Le paramétrage des
produits repose donc sur l'importance des investissements conduisant à
rigidifier le produit et à le détacher des personnes : de la répétition qui
crée la fidélité d'une relation, à la marque où l'origine du produit demeure,
jusqu'à la norme qui conduit au produit le plus anonyme.(...)" François EYMARD-DUVERNAY Coopération et
concurrence dans les relations d'entreprises "JUSTESSE ET JUSTICE DANS LE TRAVAIL" Ed PUF
1989 Ces investissements de forme, par leur ampleur,
permettent d'inscrire l'entreprise dans le réseau financier qui la nourrit :
capitaux propres, banques, aides ou financements publiques. La logique
industrielle s'ordonne par les gains de valeur ajoutée Avant même de raisonner économie sur les coûts, ou
amélioration de performances, l'industriel raisonne "stabilité de
fonctionnement". La stabilité du fonctionnement d'une organisation
permet de prolonger le présent dans un futur, ouvrant ainsi la possibilité
d'une prévision. Calendriers et horaires permettent d'établir des états
d'avancement périodiques, de tracer des étapes, des phases, un terme. La décision
d'investissement est rendu ainsi possible, investissement choisi en fonction
du gain optimum de valeur ajouté. A la maîtrise du temps s'ajoute la maîtrise de l'espace.
L'espace est organisé de telle sorte que des zones éloignées ou étrangères à
l'action, seront traitées comme un environnement dès lors que des liaisons
fonctionnelles auront été établies. Les actions diverses sont intégrées dans
un même plan homogène, réglé par des axes, des lignes directrices, des
dimensions des degrés, des niveaux. Les objets sont mis en rapport dans cet espace à l'aide
de liste et d'inventaires traitables par lots. L'espace mesurable est
projetable sur une feuille de papier où se joue une partie de l'épreuve,
grâce à la confection de grilles, d'états, de graphiques, de schémas,
d'organigrammes, de cadrages, de comptabilités, de tableaux de bord. Finalement, les gains peuvent être calculés par ces
opérations de formalisation et de standardisation du temps et de l'espace.
Ces opérations permettent de voir le monde par des données exprimées en
nombre, chiffrées, prêtes à être traitées, cumulées, additionnées. Le calibrage général "SUBSTRAT" pourra ainsi
posséder une capacité d'ingénierie de modification de la structure des substrats
qui compose l'entreprise au sens large : l'entreprise dans le temps de ses
investissements et dans l'espace de ses fournisseurs, de ses coopérations et
de ses circuits de distribution. On imaginer plusieurs façons d'analyser la modification
de la tension entre la logique commerciale et la logique industrielle pour
opérer le calibrage du SITE. La première s'inscrirait dans le prolongement
des travaux de François EYMARD-DUVERNAY, déjà cité : "Le détachement du produit des personnes, axiome de
base des théories du marché, suppose des investissements importants
permettant de donner une grande généralité aux produits (et donc un large
marché). Le marché le plus pur devait donc être là où les méthodes de
production et les produits étaient les plus formalisées (produits
standardisés, méthodes de production fortement équipées, gestion de la main
d'œuvre formalisée par des conventions collectives...). Or il s'avère que, dans les zones d'activité où ces
règles industrielles dominent, la concentration des entreprises et les
situations de monopole sont très fréquemment observées." Une seconde façon d'analyser la modification de la
tension entre la logique commerciale et la logique industrielle serait
d'utiliser la représentation de l'arbre technologique, qui articule
l'optimisation de la jonction de plusieurs technologies génériques avec la
segmentation des produits sur différents marchés. La méthode de l'arbre
technologique du cabinet ALGOE : l'exemple d'une société pharmaceutique Les racines : les
technologies génériques, savoirs et savoir-faire élémentaires proches des
sciences Biologie moléculaire, génie génétique, culture
cellulaire, physiologie, immunologie, galénique, chimie Le tronc : la
combinaison de ces technologies génériques avec des savoirs industriels et
commerciaux, nommée encore le "métier de l'entreprise" Conception, fabrication et commercialisation de
molécules à usage thérapeutique Les branches : une
gamme de produits ou de services hautement spécifiques De la biologie à la chimiothérapie : hormones, vaccins,
insuline, antirhumatismaux, anticancéreux, anticoagulants, antibactériens,
antiviraux, anti infectieux |
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